CHAPELLE de SAINT PIERRE
Le site de la chapelle de Saint-Pierre Coat-Névet fut à l'origine occupé par la chapelle seigneuriale des Sires de Névet.
EXTERIEUR
C'est un édifice du XVIème siècle en forme de croix latine qui s'inspire dans sa distribution et sa régularité de la chapelle de Saint Theleau. Elle a été construite entre 1588 et 1594, pendant la Guerre de La Ligue, par Claude de Névet. Le pignon Ouest est du XVIIème siècle. Le clocher est du XVIIIème siècle. Et la sacristie du XVIIème siècle. La façade Sud et le mur Sud-Ouest du transept sont ornés par deux belles portes gothiques avec des fleurons et des pinacles.
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La façade occidentale est encadrée par d'imposants contreforts. Elle reprend les ordres classiques avec ses deux colonnes galbées et cannelées à chapiteaux ioniques et un fronton triangulaire. La porte à voussures est bloquée par une clé feuillagée en agrafe.
- LE CLOCHER, à balustrade est cantonné de canons de pierre, il fut érigé au cours du XVIIIème siècle. La chambre des cloches est surmontée d'un dôme bulbe et d'un lanternon. La tourelle du côté Nord contient l'escalier d'accès au clocher qui domine la vallée du Névet. Touché par la foudre en 1992, il fut restauré trois ans plus tard.
- LE CHEVET, plat est percé par une fenêtre à quatre lancettes. L'appareillage est dans l'ensemble assez soigné avec çà et là quelques petits décrochements et des poulains béants.
INTERIEUR
A l'intérieur, la chapelle est intégralement dallée. Sur la paroi Nord de la nef figure la dédicace de la chapelle en 1594. Le maître autel teinté à la sanguine comporte sous le tablier une tête à double visage. Il est surmonté d'un retable datant de 1677-1678 réalisé par l'ébéniste originaire de Quimper, Le Dean. Les deux niches latérales sont ornées des statues de Saint Pierre et de Notre Dame.
Le transept Sud comporte un joli petit autel de granit bordé de colonnettes à nids d'abeilles. L'on y trouve une Vierge Mère foulant aux pieds une Eve serpentée et une statue de Saint Jean l'Evangéliste. Dans le transept Nord, à l'Ouest, la sablière est ornée de façon originale avec en plus des éléments habituels, un cortège composé d'une girafe, d'un éléphant et de leur gardien en chapeau melon.
LE CALVAIRE
Le calvaire édifié en 1644 par Roland Doré, est un assemblage anachronique reprenant des éléments d'un monument antérieur.
CHAPELLE de SAINT THEGONNEC
Située sur un versant boisé de la vallée qui sépare Plogonnec de Guengat, cette chapelle a pour éponyme un des compagnons ou frères de saint Pol Aurélien, fondateur de l'évêché de Léon, du nom de saint Conec ou Conoc, dont la forme hypocoristique en vieux breton est Toconoc, devenu Tégonnec (appelé ici Thégonnec). D'après la légende, saint Thégonnec, chassé du hameau de Tréfentec (en Plonévez-Porzay) dont il était originaire, se replia à Plogonnec qui lui rendit hommage en le prenant comme éponyme.
EXTERIEUR
L'édifice rectangulaire datant de 1701semble très vraisemblablement avoir été établi sur un lieu de culte antique, où l'eau tenait un rôle essentiel. Il s'agissait probablement d'un ensemble de rituels dédiés à la déesse païenne Sirona dite aussi Dirona. Cette hypothèse est étayée par la présence de deux fontaines qui sourdent non loin l'une de l'autre : la première à l'intérieur même de la chapelle, la seconde à une dizaine de mètres au sud-est du chevet.
L'environnement a été réaménagé en 1999 par le dégagement d'un terre-plein devant la façade occidentale et la construction d'un mur de soutènement (35 m de long, 1,90 m de hauteur) derrière le mur nord de la chapelle. Cet édifice comporte en façade une porte en anse de panier surmontée d'une fenêtre. Le clocher très élégant, est sans balustrade et comporte une corniche denticulée. Il est coiffé d'un dôme à rouleau cantonné de quatre figurines. Un campanile à lanternon termine le tout.
INTERIEUR
La construction en pierre de taille est d'une extrême simplicité : plan rectangulaire, nef séparée du chœur par un arc diaphragme, chevet plat, clocher mur occidental. Trois contreforts maintiennent le mur sud, du côté de la vallée. La porte Ouest comprend un linteau avec une clé d'agrafe en anse de panier. La toiture à deux versants, est couverte d'ardoises : elle a été récemment refaite. Les ouvertures n'ont pas reçu d'ornement particulier : une porte en anse de panier sous le clocher, surmontée d'une baie en plein cintre sans meneaux, une porte à accolade dans le mur sud, deux baies en plein cintre également sans meneaux, dans le choeur (une à l'est, l'autre au sud). Les baies n'ont pas de vitraux colorés. L'élément le plus original est le clocher : la chambre de la cloche est surmontée d'un dôme couronné d'un rouleau décoré de quatre figures humaines et se termine par un petit lanternon.
Le choeur est orné par les statues de saint Egonnec et de saint Egarec. Une statue de sainte Marguerite figure à droite dans la nef. Le mur Nord accueille une petite fontaine qui fait toute l'originalité de cet édifice. Elle comprend un premier bassin hémisphérique encastré dans une niche en arc outrepassé dont le fond est orné par le socle destiné à recevoir la statuette de saint Egonnec. Un second bassin circulaire permet aux fidèles de faire leurs ablutions. Il déborde ensuite dans une conduite forcée faite de grandes dalles au travers de l'édifice. Le filet d'eau jaillit ensuite à l'extérieur par un déversoir situé au bas de la porte de la façade Sud, puis il s'écoule par une autre conduite dallée et enterrée au travers du placître. Cette eau est réputée pour guérir les fièvres.
Plus loin dans le placître un petit escalier de pierre conduit à une seconde fontaine logée sous une grande dalle. Cette fontaine aujourd'hui tarie, est dédiée à saint Egarec. On y soignait les maux d'oreilles.
CHAPELLE de SAINT DENIS - SEZNEC
Cette chapelle est dédiée à la fois à Saint Denis et à Notre Dame de Treguron. A la fin de l'ancien régime la chapelle était desservie en permanence par un prêtre résidentiel qui intervenait aussi sur la frairie de La Lorette.
EXTERIEUR
C'est un édifice de taille modeste construit en 1673 vraisemblablement à l'emplacement d'un édifice plus ancien. Il est de forme rectangulaire. La façade Sud est percée d'une porte en plein cintre et à voussures surmontée d'une pierre portant la date de 1673 et d'une modeste fenêtre à meneaux au linteau en anse de panier. Celle-ci interrompt le larmier simple du haut du mur. Le pignon Est est percé d'une simple fenêtre gothique trilobée. Il est encadré par un gable très simple. Le clocher a été foudroyé en 1937. Il n'en subsiste que la base ornée d'une corniche à listels et la chambre des cloches.
INTERIEUR
L'intérieur de l'édifice est simple. Le maître d'autel est encadré par deux niches Renaissance contenant chacune une statue en pierre polychrome. Ces dernières représentent à droite, saint Denis (1682) et à gauche, une Vierge allaitante aux formes alourdies (1683). Deux autres statues ornent l'intérieur : une Piéta et une Notre Dame de " Tregeuren. " Le vitrail contemporain de la maîtresse vitre est une œuvre d'Alain GRALL.
LE CALVAIRE
Le placître comprend un très beau calvaire aux statues en granit de Kersanton, œuvre de Roland Doré, sculpteur renommé dans la région et daté de 1640-1641. Ce dernier fut exécuté à la demande de l'homme d' Eglise G. Toulguengat. Signalons également la présence d'une fontaine consacrée à Notre Dame de Tréguron.
Sur la commune se trouve encore 18 croix et calvaires…
CHAPELLE de LA LORETTE
Cette chapelle assez récente fut à la base de la reprise d'intérêts des habitants de PLOGONNEC pour leurs nombreuses chapelles. Au-delà de l'édifice lui- même nous avons ici une belle illustration du dynamisme d'une trêve de la paroisse.
EXTERIEUR
C'est un édifice régulier de style néogothique en forme de croix latine bâti en 1872 sur les plans de M BIGOT .Elle a remplacé une petite chapelle du XVème siècle qui se situait plus bas au bord de la rivière Steir Bénodet. Elle y avait été construite par un seigneur de Rubian qui avait manqué de se noyer en traversant la rivière. Le chevet de la chapelle est plat ce qui a permis un heureux placement de la sacristie. Le clocher élancé, à pinacles et gâbles aveugles renforce l'impression de hauteur du bâtiment et reprend bien les proportions en usage dans les clochers du même style réalisés bien antérieurement au XVIIIème siècle.
INTERIEUR
L'intérieur de la chapelle est entièrement enduit à l'exception des entablements et de la sablière qui reprend ça et là des éléments de celle de l'ancienne chapelle. Le croisillon Sud du transept conserve quelques ex-voto. Les statues anciennes sont celles de Saint Michel, d'un autre ange, et de Notre-Dame de Lorette qui est ici réellement habillée et qui porte une tiare. La maîtresse vitre est une œuvre contemporaine de LE BIHAN-POUDEC. Depuis une vingtaine d'années, une association du quartier de la Lorette a largement contribué à la remise en état des lieux et du placître. Le pardon costumé du mois de mai, mêlant agréablement ferveur religieuse et plaisir de la fête, est bien réputé en Basse Cornouaille.
CHAPELLE de SAINT ALBIN
Saint Albin (Albain ou Aubin) fut un des premiers évêques d'Angers.
EXTERIEUR
C'est un édifice en forme de croix latine dont la nef du XVème siècle a été prolongée en 1951 par un transept plus important en dimension et par une sacristie. Les portes de la façade Sud et du mur Sud Ouest du transept ne sont pas à la bonne proportion avec le bâtiment initial.le pignon Ouest est percé d'une petite porte en arc aigu. Le clocher est court. Un escalier jeté sur le tas de charge du rampant Nord du pignon y donne accès. Les embrasures de la chambre des cloches sont en anse de panier. Une petite corniche surplombe le tout et supporte sur chaque côté une frise triangulaire percé d'un oculus. Un dôme conique vient coiffer le tout.
Le mur Nord de la nef est percé de deux petites fenêtres gothiques. Le mur Ouest du transept Nord est percé par une fenêtre gothique à deux lancettes trilobées, mouchettes et oculus. Il s'agit de l'ancienne fenêtre du chevet. Le reste du bâtiment reprend avec plus ou moins de bon goût des éléments et des matériaux contemporains.
INTERIEUR
La transformation de l'édifice en 1951 en a épuré l'aspect intérieur. La statuaire comprend une fort belle Vierge primitive (XVIème siècle), une sainte Barbe, saint Albin, saint Gurlôes et Notre Dame des Portes. Le Christ lumineux du chevet est l'œuvre d'un artisan local.
LE CALVAIRE
Le calvaire sans doute du XVIIème siècle a été relevé en 1984.
CHAPELLE de SAINT THELEAU
Selon la légende Saint Théleau évangélisa, le pays de LANDERNEAU à PLOGONNEC, son culte s'est substitué à celui de Taranis puis de Jupiter.
EXTERIEUR
Cette chapelle est du XVIème siècle. Elle est en forme de croix latine à chevet plat. Le mur du croisillon sud du transept porte la date de 1573 et sur ce chevet on lit la date de 1695.La façade Sud a été remaniée en 1775 Cette chapelle se caractérise par ses grandes dimensions, la finesse de son appareillage et la richesse de ses ornements extérieurs. La façade Sud et le mur Sud Ouest du transept sont percés par deux belles portes gothiques avec fleurons et pinacles, encadrées par des colonnettes à nid d'abeilles, et par une fenêtre à arc aigu.
Le pignon Ouest est orné d'une belle porte gothique inspirée de celle de l'église de Ploaré avec ses voussures, ses colonnettes sans chapiteaux, et au-dessus avec la galerie en encorbellement et à balustrade aveugle. Deux tourelles polygonales accostent le clocher ; celle de droite (Sud Ouest) est décorée de niches gothiques .
Le clocher a été foudroyé en 1976. Il a été remonté depuis, mais en de plus faibles proportions.
La sacristie, mal intégrée au chevet, est de 1695.
INTERIEUR
L'intérieur de la chapelle est formé de murs bien appareillés. Le pignon ouest comprend des panneaux moulurés qui ont pu servir de décor à une ancienne tribune.
Dans le chœur, le maître autel est surmonté d'un retable sculpté. Il est encadré par deux statues. A droite se trouve Saint Théleau assis sur un cerf (P.p. XVIème siècle) A gauche se trouve saint Méen. Au croisillon nord du transept on découvre une piéta en pierre polychrome, puis sur l'autel latéral un Saint Sébastien, et à l'angle de Saint Jérôme. A l'angle Sud Est du transept l'on trouve un Saint Eloi ferrant la patte coupée d'un cheval.
LE CALVAIRE
Sur le placître, le calvaire a conservé à sa base les statues jumelées de la Vierge et de Saint Pierre, de Saint Jean et d'un Abbé Mitré.
Depuis plusieurs années, une association du quartier contribue à l'entretien et à la rénovation de la chapelle.
LE BOIS DU NEVET / KOAD NEVED
Achetée par le Conseil Général, puis aménagée au titre de sa politique de protection des Espaces Naturels Sensibles, cette propriété est mise librement à la disposition de l'ensemble du public. On y accède en voiture, depuis Plogonnec par la Chapelle Saint-Pierre, en empruntant la route départementale 39. On peut également y accéder par les circuits de randonnée alentours :
depuis Plogonnec et Locronan par le circuit du Névet, qui passe par la Chapelle Saint-Pierre (balisage vert, 8 km, 2 h 30)
depuis Locronan par le circuit du bocage (balisage jaune, 12 km, 3 h)
depuis Kerlaz par le circuit de la vallée du Névet (balisage jaune, 11 km, 3 h)
par le chemin de grande randonnée GR 38, qui relie Locronan à Douarnenez en passant par le bois du Névet
A l'intérieur du bois, de nombreux sentiers - pistes forestières et « garennes » - sont balisés pour la promenade et la découverte du site.
Un peu d'histoire...
L'histoire de la forêt du Névet est liée à l'histoire de Locronan et des communes environnantes, dont Plogonnec. Les Celtes se représentaient la divinité en étroite communion avec la Nature ; ils créèrent sur ce site un « Nemeton », parcours initiatique druidique, clairière au milieu d'un bois sacré.
La circonférence du « Nemeton » (12 km) décrit dans l'espace les 12 mois de l'année, chacun d'eux étant consacré à une divinité.
Au 6ème siècle, Saint-Ronan, venu d'Irlande, installa son ermitage dans le bois du Névet. Chaque matin, il faisait 5 km à jeun et pieds nus. Tous les 6 jours il parcourait les 12 km du Nemeton dans les même conditions.
A Locronan, ce Nemeton « fonctionne » encore en ce début de 21ème siècle : il s'agit du Pardon de La Troménie qui, tous les 6 ans (1995, 2001...), le 2ème dimanche de Juillet, reprend les limites exactes du Nemeton christianisé, en marquant par douze stations où est proclamé l'évangile, les emplacements des douze mois lunaires du calendrier druidique.
Le nom de « Névet » tire son origine de Nemet / Nemeton, même racine que « Nem » = ciel.
A la fin du 13ème siècle, les Seigneurs du Névet construisirent leur château sur une terre qu'ils tenaient de l'Evêque de Quimper, ce qui fit naître des conflits de droits et de juridiction qui durèrent plus de 2 siècles.
Finalement, ne voulant plus résider sous une telle domination, ils transportèrent tous les matériaux de leur demeure de l'autre côté du ruisseau en Plonevez-Porzay (aujourd'hui en Kerlaz), où ils édifièrent le château de Lezargant. Actuellement seules les fondations de l'ancien château du Névet sont visibles sur la Commune de Plogonnec.
L'exploitation passée du bois est attestée par la présence de nombreux emplacements d'anciennes huttes de charbonnier (zone circulaire d'environ 7 m de diamètre), répartis sur l'ensemble de la forët. Les taillis étaient transformés sur place en charbon de bois, et servaient à alimenter les industries locales, en particulier les conserveries de Douarnenez.
La Chapelle Saint-Pierre, propriété de la Commune de Plogonnec est située sur le côteau d'un vallon traversé par un des ruisseaux qui forment le Névet et au sein d'un placître où sont installés des bâtiments de ferme (propriété privée).
Cet édifice (construit entre 1583 et 1594) en forme de croix latine a succédé au 16ème siècle à une autre chapelle comme le précise l'inscription sur la paroi nord de la nef.
Les célébrations ont lieu aux différentes fêtes de Saint-Pierre, en février et en juin, et au grand pardon, le premier dimanche d'aôut.
LA TROMENIE
(...) Le lieu était bien choisi : au flanc de la montagne, à l'orée des bois et face à la mer. Mais Ronan n'y venait pas pour se reposer. Tout le jour, il marchait : le matin dans la direction du soleil levant, le soir dans le sens du soleil couchant, il parcourait les terres qui dépendaient directement de son penity. Chaque semaine, avant de rompre son jeune, il accomplissait une plus grande tournée, longue de plusieurs lieues et qui faisait le tour de son asile, c'est-à-dire à peu près celui de la montagne.
C'est pour perpétuer le souvenir de ces deux troménies (Tro Menehi, tour de l'asile, et non Tromenez, tour de la montagne), la petite (4 km) et la grande (12 km), que, tous les ans, le pardon de Saint Ronan dure un jour, et tous les six ans, une semaine.
Le circuit de la Grande Troménie, qui passe par les communes de Locronan, Plonevez-Porzay, Quéménéven et Plogonnec, comporte 43 huttes, dont 7 pour les chapelles de Plogonnec.